Alvin Lee - Olympia, 24 mars 2008
L’Olympia, une première partie de choix, un héros de Woodstock, la soirée semble d’emblée réunir tous les ingrédients requis pour un grand moment de Rock.
A 18h c’est donc Tony Joe White qui s’avance sur scène, d’abord seul, puis rejoint par son batteur Jeff Hale. Caché sous un grand chapeau et des lunettes noires, l’américain se contentera d’une petite demi-heure et se montrera aussi peu intelligible que convaincu lorsqu’il s’adressera au public, une grosse déception donc. Les mauvaises langues diront que c’était là une attitude typiquement “star américaine”. Tant pis.
Tant pis, car celui pour lequel tous sont là, Alvin Lee, ne saurait tarder. Annoncé par son bassiste, Pete Pritchard, comme “the legendary Alvin Lee”, l’ex Ten Years After attaque pied au plancher pour un concert au boogie certain de plus de 2h. Même les titres issus de ses albums solos, souvent moyens, pour rester poli, sont plein d’une énergie qui fait rapidement s’enflammer un Olympia sous le charme. Mais c’est bien sûr avec les tubes puissants de la fin des années 60 et du début des années 70, qu’Alvin fait chavirer la salle. Dès “I Can’t Keep From Cryin’ Sometimes“, les choses semblaient entendues. Le guitariste prend énormément de plaisir et les solos pleuvent. Toujours aussi virtuose, le jeu de Lee m’a semblé un peu moins brouillon, plus maîtrisé, que par le passé. Pour ce qui est de sa voix, elle tient toujours largement la route, tant dans les rock fifties (”My Baby Left Me“) que dans les blues (”How Do You Do It“). Puis, vient le moment tant attendu, celui qui aura fait la légende du guitariste. De Woodstock au “Péril Jeune”, Ce titre a décrassé les oreilles de plusieurs générations, et Alvin prend soin d’annoncer au public “Tonight, you’ll be at Woodstock, one more time” qui comprend rapidement que “I’m Going Home” est désormais à portée d’oreille. Le medley blues-rock-boogie n’a rien perdu de sa superbe et Alvin prend un malin plaisir à dévaler le manche de sa six cordes tout en évitant les dispensables longueurs. A noter un solo de batterie de Richard Newman, qui aura changé sa caisse claire au milieu dudit solo ! Pour le fun, donc, mais trop long, comme la plupart de ces solos de batterie.
Deux rappels, dont un dernier titre du Ten Years After, “Choo Choo Mama” et le guitariste quitte l’Olympia, dont l’audience est totalement abasourdie par un déluge sonore blues-rock qui n’aura pas manqué de convaincre les derniers sceptiques : Alvin Lee, bien que souvent méprisé pour sa trop grande virtuosité, que certains interprèteront comme de la flambe, est bien de ces grands guitaristes en voie de disparition.
Tags: Alvin Lee, I'm Going Home, Olympia, Ten Years After, Tony Joe White, Woodstock







