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Du blues!

Neil Young live @ Zenith de Paris, 4 juin 2009

Ce jeudi 6 juin 2009, je voyais Neil Young pour la seconde fois. C’est donc dans un état de surexcitation incontrôlée que j’abordais cette soirée, la faute à un premier concert du Loner qui, l’an dernier, avait débouché sur une conclusion des plus radicales : au-dessus du lot. Tout au moins en ce qui concerne mon « palmarès » niveau concerts.

A peu près certain d’assister à un spectacle meilleur encore, je m’approche de la scène. Je dis meilleur car les setlists jouées ces derniers temps surpassent allègrement celle qu’il m’avait été donné d’entendre il y a un an à peine. Niveau placement, je serai légèrement sur la gauche du Canadien, à 2 mètres environ du 1er rang. Impeccable.

Passons rapidement sur la première partie : du revival folk comme on en entend à la pelle depuis quelques mois/années. Rien de bien méchant, mais 10 minutes auraient suffit. Evidemment, ce sera plus long. Puis Neil Young prendra son temps pour monter sur scène. Alors on attend, patiemment.

A 21h15 environ, un petit groupe de personnes apparaît sur la droite de la scène. Je zieute, le devine. C’est bien lui. L’arrivée se fait en toute simplicité, comme toujours et, première surprise, contrairement aux concerts précédents, ce n’est pas « Mansion On The Hill » qui est choisie pour entamer le set. Ce soir, « Love And Only Love » lui sera préférée, dans une version impeccable d’une dizaine de minutes, jalonnée des habituels solos qui la caractérisent. La suite est tout aussi furieusement électrique puisque, dès le deuxième morceau, Neil nous envoie l’un de ses morceaux les plus connus dans les cages à miel : « Hey Hey, My My (Into The Black) ». Suivent « Everybody Knows This Is Nowhere » et « Pocahontas », toujours électriques, mais moins énervées. « Spirit Road », extrait de son avant-dernier album, lui succède et nous rappelle que le calme d’ « Harvest » n’est décidément qu’une facette de la discographie du Parrain du grunge.

Comme d’habitude, il est déchaîné, s’agite dans tous les sens et se plie en deux durant ses solos. Et après une entrée en matière d’une efficacité redoutable, dès le sixième morceau, il nous balance le sommet de cette soirée et ce qui serait probablement le sommet d’à peu près n’importe quel concert : « Cortez The Killer ». Comme beaucoup de monde, c’est le morceau que j’attendais le plus. Mais voilà, il ne l’avait pas joué à Nantes la veille, alors l’incertitude planait. Dès les premières notes, le public ne cache pas une joie qui ira crescendo tout au long du morceau aux 4 solos proches de la perfection. 4 solos ?! Oui, 4. Mais des solos à la Neil, sans branlette de manche abusive, sans dégueuli de notes au détriment de la mélodie. Du tout-dans-l’émotion, du poignant, de l’incandescent, du lumineux. Le concert aurait bien pu se terminer après ce titre que je n’aurais rien trouvé à redire. Un peu plus de 11 minutes d’un bonheur total.

A peine remis de leurs émotions, les spectateurs ne sont pourtant pas au bout de leurs surprises. « Cinnamon Girl » leur arrive en pleine face pour conclure la 1ère partie électrique de ce set. Sur la fin, Young, parcourt le bord de la scène sur toute sa largeur, fixe le public en gratouillant les dernières notes de la chanson. Il a l’air heureux, avec sa tête de hippie défraîchi. Heureux d’être là et de jouer ces titres dont l’intemporalité n’a plus à être prouvée. Il en jubilerait presque et pour ma part, je ne m’en prive pas.

Puis il pose sa guitare, boit un coup, et laisse place à une accalmie de quelques chansons. « Mother Earth », pendant laquelle il s’accompagne seul, au fond de la scène, à l’orgue et à l’harmonica, sera selon moi le point « faible » du concert. Mais le set acoustique aura vite fait de me redonner le sourire. Visez un peu : « Don’t Let It Bring You Down », seul à l’acoustique pour commencer. Puis son groupe le rejoint pour « Goin’ Back », « Comes A Time », « Heart Of Gold » et « Old Man ». Soit 5 de ses plus belles perles acoustiques seventies.

Après nous avoir fait goûter à ces petites douceurs, Neil repart pied au plancher avec « Mansion On The Hill ». Tout comme le morceau d’ouverture, « Mansion… » est extrait de l’excellent « Ragged Glory » (1990) et n’est pas forcément connu de tous les spectateurs. C’est dommage tant la qualité de ces deux titres mérite que l’on s’y attarde. Mais c’est par conséquent avec une ferveur moindre qu’il est accueilli, tout comme « Get Behind The Wheel », seul morceau du dernier album joué ce soir. La suite aura toutefois vite fait de réveiller les hypothétiques et peu probables insatisfaits puisque le canadien nous délivre une version énorme de « Rockin’ In The Free World », excédant les 9 minutes et conclue par 2 fausses fins après lesquelles le public s’enflamme toujours un peu plus. La chanson se termine et les acteurs, en rang, saluent la foule comme il se doit. Neil embrasse amoureusement sa femme, plaisante avec elle et ses musiciens et c’est sur cette image d’un bonheur palpable qu’ils quittent la scène.

En guise de rappel, chose rare, nous aurons droit à deux titres : « Like A Hurricane » et « A Day In The Life ». Le premier est l’autre chanson que j’attendais avec « Cortez… ». Inutile, donc, de vous dire ma joie le moment venu. Et puis, contrairement à certaines versions, Young y a évité de tomber dans les très dispensables larsens de deux heures en dépit des 12mn du morceau. Rien à redire, donc, ce fut parfait ! Quant à la reprise des Beatles, lorsqu’il l’avait jouée à Lyon, lors de mon 1er de ses concerts, c’était une première. La version ici présentée fut moins brouillonne, plus maîtrisée même si, sur la fin, le Loner pète ses cordes, joue avec, les frappe contre la guitare dans un déluge sonore qui, bien que très rock’n’roll est au final assez peu mélodique. Et là-dessus, il remonte au côté de sa femme, « joue » 2-3 notes de xylophone en contemplant la salle, comme fier de tout ça. Puis il part, nous laissant là après 2 heures passées entre déluge électrique et perles au son boisé, sans savoir trop quoi dire. « Waouh » ? « Merde ! » ? « Putain ! » ? Quelque chose d’avoisinant, oui, et vivement la prochaine !

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1 commentaire »

  1. MyAvatars 0.2 Raphyslash says

    Un artiste que je ne connais pas assez mais que j’aurai adoré voir sur scène… Les Parisiens ont bien de la chance d’avoir autant de concerts près de chez eux.

    juillet 2nd, 2009 | #



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